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La championne du jour : Cédrine Kerbaol

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Le Tour de France à Brest, c'est l'occasion de faire connaissance avec des champions et championnes locaux qui brillent sur leur vélo et font rayonner le territoire sur les circuits du monde entier. Rencontre avec Cédrine Kerbaol, récemment passée pro au sein de l'équipe Arkéa pro cycling team, la branche féminine de l'équipe Arkéa-Samsic.

Quatre ans après vos débuts en cyclisme sur route, vous devenez championne de France junior, puis vous passez professionnelle dans équipe du circuit mondial : vous avez connu une trajectoire fulgurante !

C’est allé vite, oui. Pourtant rien, à part mon goût pour le vélo, ne me destinait vraiment à ça. Je veux dire : je suis issue d’une famille très sportive, avec un papa et une maman qui aiment et pratiquent de nombreux sports, mais ils ne m’ont jamais inculqué la notion de compétition, ni même la passion du cyclisme, d’ailleurs !

Alors comment êtes-vous “née” au cyclisme ?

J’ai touché à beaucoup de sports, mais c’est vraiment le vélo auquel j’ai accroché. J’ai d’abord commencé à Guilers, par du VTT, avant de rejoindre le club de Saint-Renan, où je me suis mise au cyclisme sur route. Je crois que j’ai retrouvé dans le cyclisme les vraies valeurs inculquées par mes parents : le dépassement de soi, le partage, l’esprit d’équipe.

Comment passe-t-on du club de Saint-Renan à l’équipe de France féminine, et au statut professionnel ?

On y vient comme au cyclisme : par étapes ! Après Saint-Renan, j’ai rejoint le club de Loudéac : c’était plus proche de mon lieu d’études ; et d’un point de vue sportif, j’ai pu m’appuyer sur les infrastructures de la formation professionnel Vital Concept, qui m’a également permis de m’entraîner avec les garçons. Et puis j’ai rejoint la Breizh Ladies, l’équipe de Bretagne féminine, puis l’équipe de France. C’est d’ailleurs avec l’équipe de France que j’ai signé la performance qui m’a valu, je pense, d’être repérée par Arkéa. Alors que je ne courais que ma deuxième course d’un calendrier international, j’ai terminé 7e. 

Vous venez d’évoquer vos études. Comment organisez-vous votre nouvelle vie professionnelle ?

Je suis inscrite en BTS diététique, que je vais faire en trois années au lieu de deux afin, justement, de concilier études et carrière. Mais, pour l’instant, le vélo est devenu mon travail. 

Vous vivez du cyclisme ?

Non, le cyclisme féminin ne permet toujours pas de vivre de son métier, même si j’ai la chance, pour ma part, d’avoir intégré une équipe qui rémunère ses coureuses. Ce n’est pas le cas dans toutes les équipes, mais on sent une nette évolution. Une association vient d’ailleurs de voir le jour, pour faire bouger les lignes : l’association française des coureures cyclistes, et “coureures” s’écrit bien avec un “e” ! Je l’ai intégrée, et je vais y contribuer à ma hauteur. A ce jour, le cyclisme féminin comprend 56 équipes professionnelles, dont Arkéa, mais seules 9 d’entre elles font partie de ce que l’on appelle le World Tour. Les membres des équipes World Tour peuvent percevoir un salaire digne de nom. 

Qu’est-ce que vous apporte le vélo, personnellement ?

Le partage et le voyage. En février, je suis partie seule en Espagne, une semaine, avec mon vélo. J’ai passé mon temps à rouler avec des cyclistes du monde entier que j’ai rencontrés sur place. Un jour, j’ai chargé mon vélo dans le train, je suis partie rejoindre Dan McLay, un pro de l’équipe Arkéa, qui était à Gijon. On a roulé la journée ensemble, puis j’ai fait le chemin retour en train. Si je n’avais pas fait de vélo, je pense que j’aurais axé ma vie sur ces deux choses-là : le voyage et les rencontres. J’ai besoin de ces deux valeurs-là.

Cet été, le Tour de France partira de Brest. On imagine que ça vous fait un petit quelque chose, non ?

Oui, évidemment ! Un grand départ du Tour, c’est génial ! On parle quand même d’un des plus grands événements sportifs du monde ! Et puis, on part dans l’idée qu’un Tour de France féminin devrait se courir en 2022. Clairement, j’ai cette échéance en ligne de mire. 

Et Brest dans tout ça ?

Brest, pour moi, c’est le bout du monde, et le début de ma vie. Je baroude beaucoup, mais cette ville est mon retour aux sources.


Inscrite au départ de Liège-Bastogne-Liège le 25 avril, véritable monument des courses cyclistes, Cédrine Kerbaol a signé une belle 61e place sous ses nouvelles couleurs d'Arkéa.